Soutenons Denis Robert

Publié le par presse libre picarde

Denis Robert, 48 ans, est écrivain, après avoir été journaliste à Libération pendant douze ans. C’est lui qui a réuni sept grands magistrats anti-corruption pour lancer l’Appel de Genève en 1996 en faveur d’un espace judiciaire européen contre les paradis fiscaux.

Dans la même ligne, il s’attaque ensuite à Clearstream, une chambre de compensation entre banques, une banque des banques, qu’il accuse d’être une «lessiveuse» pour argent sale. 200 visites d’huissiers à son domicile, 30 procédures judiciaires en cours... C’est la réponse de Clearstream et de ses banques clientes ou des autorités judiciaires françaises et luxembourgeoises aux révélations du journaliste écrivain Denis Robert. Son seul tort, avoir dit la vérité. Face aux moyens financiers colossaux de ses détracteurs.

undefinedDenis Robert ne peut opposer que son énergie, ses livres et sa bonne foi. Ça risque de ne pas suffire. Au total, plus de six millions d’euros de dommages et intérêts cumulés sont ainsi réclamés à Denis Robert, ses témoins, les Arènes et Julliard, ses éditeurs ou Canal plus, qui a diffusé ses films.

Sur 28 jugements rendus, Clearstream et ses alliés n’ont obtenu que 3 euros en leur faveur alors qu’ils demandaient entre 100 et 300 000 euros par procédure. À ma connaissance, Denis Robert n’a jamais porté de telles accusations et n’a jamais voulu livrer une enquête judiciaire avec des sommes prétendument blanchies et des noms de présumés criminels. «En poursuivant Denis Robert les autorités luxembourgeoises ne veulent pas seulement protéger Clearstream, qui affiche une santé insolente. Ils cherchent aussi à intimider tous ceux qui, à l’avenir, voudront savoir comment fonctionne le système financier et la toile d’araignée des paradis fiscaux», conclut l'appel

Denis Robert a, au contraire, posé des questions simples, précises et argumentées sur le fonctionnement de la société Clearstream et sur le potentiel de dissimulation des comptes non publiés. Il a, selon moi, mis en lumière les risques de dissimulation massive de flux financiers douteux. Je considère, à l’instar des magistrats et d’élus spécialisés dans la lutte contre la criminalité financière (Eva Joly, Jean de Maillard, Bernard Bertossa, Vincent Peillon, Arnaud Montebourg, etc…), que son enquête courageuse sur un thème rarement abordé par la presse, a constitué un événement important dans la prise de conscience des implications de la mondialisation financière.


Par Laffitte Mourad - Photo Denis Robert (sipa)

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