Où en est l'IVG en Picardie ?

Publié le par presse libre picarde


Le docteur Patrick Kazmareck, résponsable du centre orthogénique du CHU de Picardie à Amiens, recevait les membres de l'association Femmes solidaires pour les informer sur la situation de l'IVG en Picardie.



Réalisation Mourad Laffitte


La conférence qui s’est tenue le vendredi 18 janvier dernier par le docteur Patrick Kazmareck avec les membres du comité Femmes solidaires de la Somme fait le point sur la situation en Picardie, elles s’inquiètent de la décision prise par les médecins de l’Aisne qui refuse d’appliquer la dernière loi qui rallonge de 2 semaines le délai de l’IVG. 

En France, cette pratique a tendance à baisser. Depuis novembre 2005, des mesures ralentissent l’application de l’IVG médicamenteuse. Un appel de prise en charge sur deux donne lieu à un refus, le Planning familial soupçonne des médecins de vouloir décourager l’IVG. De plus, les difficultés d’accès à l’IVG chirurgical persistent, considéré comme une pratique peu gratifiante, c’est un acte sous-évalué dont le mode de prise en charge financière défavorise les femmes les plus en difficultés. 

Dans la Somme, deux médecins pratiquent l’IVG et face à des équipes médicales (Oise et Aisne) qui font jouer la clause morale, ces femmes viennent sur Amiens. A ceci s’ajoute la fermeture des centres de Montdidier et Corbie augmentant ainsi les difficultés d’accès pour les publics les plus vulnérables. 

L’université vient de créer un diplôme sur la contraception et l’IVG. En décembre 2007, un dossier proposant une convention entre les médecins libéraux et le centre de planification a vu le jour pour mettre en place un cycle de formation pour l’application de l’IVG médicamenteuse. 

Les membres de Femmes solidaires sont craintifs quant à la remise en cause de l’unité d’accueil et la centralisation géographique. Les lits seront-ils remplacés par des fauteuils ? Dans la Somme, la situation n’est pas catastrophique mais elle demande néanmoins de faire preuve de vigilance. 

Plus de trente ans après la loi Veil de 1975, l’avortement reste un droit précaire qui aujourd’hui est menacé. Afin de sauvegarder les droits acquis, les membres de Femmes solidaires proposent la mise en place d’une politique nationale de santé publique qui conforterait et favoriserait l’application de l’IVG. Elles réclament la déculpabilisation du recours à l’IVG, la revalorisation de l’IVG chirurgicale, des possibilités simples et rapides d’informations, une formation spécifique dans le cursus des étudiants en médecine, le développement de l’IVG médicamenteuse en ville et que celui-ci soit pratiqué par des sages femmes, la prévention et la sensibilisation des élèves, l’anonymat et la gratuité pour les mineurs, le remboursement complet et le tiers payant… une pétition sera mise en place. 

Claire Lahaye

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KHACHAB 16/02/2008 10:23

Bonjour, sujet très bien traité, félicitations aux femmes solidaires de la Somme.

Nathalie 07/02/2008 12:24

Bonjour merci pour votre sujet.
Ou peut ont contacter Femmes solidaires
Merci D'avance