L’union des Africains : solidarité internationale et développement durable


         À l’initiative de l’UDA (Union des Africains), association basée à Amiens, un voyage de 10 jours a été organisé au Sénégal avec des élèves du lycée agricole de la Baie de Somme à Abbeville, pour étudier la mise en place d’un projet d’adduction d’eau potable dans 9 villages de la côte ouest de la région de Thiès, dans le département de M’Bour.

Le climat de cette région du Sénégal, c’est 9 mois de sécheresse et de chaleur pour 3 mois seulement de saison des pluies. Le vent marin de la côte ouest, omniprésent, est en revanche un cadeau du ciel pour les populations villageoises qui vivent d’élevage et d’agriculture. En présence d’un environnement à la fois fragile et hostile, les habitants doivent se battre pour préserver la plus précieuse des ressources naturelles : l'EAU.

 

Dans le département de M’Bour, l’ENC, Espace Naturel Communautaire, est formé de 9 villages, dont deux qui sont les moins bien lotis en matière d’équipements sanitaires : Thiafoura et Sorokhassap. Les sept autres villages sont plus ou moins dotés de confort sanitaire avec un réseau d’adduction d’eau potable et parfois des cases d’hygiène avec douches - WC.

Dans les villages les plus démunis, l’eau représente une besogne quotidienne dans chaque famille car le ravitaillement se fait encore en plongeant des sceaux dans des puits d’environ 15 à 30 mètres de profondeur. Femmes et enfants se vouent à la tâche en transportant leur bassine de plusieurs dizaines de kilos sur la tête, de leur village jusqu’au point d’eau.

L’équipement le plus moderne du coin est un château d’eau posé par une ONG italienne il y a environ 5 ans. « Les villageois peuvent ici se servir en eau via un robinet », explique Landry Manduku, organisateur amiénois du voyage, membre de l’UDA et chercheur en biochimie, en poursuivant : « J’ai proposé à l’ONG l’adduction d’un réseau d’eau potable pour permettre au moins la pose d’une fontaine dans chaque village. » La Réserve Naturelle de Popenguine est un ensemble très attractif sur le plan touristique mais la sénégalaise des eaux n’est pas prête à investir dans une installation de réseau d’eau potable car les habitants ne sont pas assez fortunées pour payer des factures d’eau.

« Placer sur des pylônes le château d’eau existant augmenterait la pression de l’eau et permettrait d’élaborer des réseaux d’adduction. Ce projet comprend la formation sur place de six jeunes habitants à la maintenance des réseaux et des éoliennes.  La gestion communautaire du point d’eau impliquera donc un prix de participation dérisoire pour les habitants. »

Landry Manduku a profité de ce voyage pour remplir sa mission d’identification des villages les plus dans le besoin. Photos et comptes-rendus à l’appui, l’UDA monte ensuite à Amiens les dossiers de recherche de financements, qui sont le plus souvent accompagnés par la Région Picardie. « Les projets de solidarité internationale sont un terrain d’études pour l’éducation des jeunes dans les grandes villes du Sénégal mais aussi pour tous les jeunes venus d’Europe. D’autres lycées français ou belges travaillent avec le Sénégal sur les thématiques de l’environnement, du développement durable et de l’économie », précise le membre référent de l'UDA. Depuis 10 ans de jumelage avec le département de M’Bour, le lycée agricole d’Abbeville fait venir ses élèves sur le terrain une fois tout les 2 ans.

Le projet d’adduction de l’eau potable dans les 9 villages de l’ENC devrait se concrétiser pour septembre 2008 ou début 2009. Les partenaires du projet en Afrique sont le Regroupement des Femmes pour la protection de la Nature, le Ministère de l’environnement et en France, la Région Picardie.

« Pourquoi de tels projets en Afrique plutôt qu’ailleurs, pourrait-on se demander ?... »

À l’image de Thiès et de la Picardie, toutes les régions de la Terre sont interconnectées sur les questions de l’environnement. Elles se doivent toutes de proposer à leurs habitants une harmonie entre stabilité climatique, équilibre démographique et économie durable. C’est pourquoi à Amiens, l’Union Des Africains s’engage à travailler sur ces enjeux capitaux du développement durable, main dans la main avec la Région, et pourquoi pas l’Europe.

 



Les élèves du lycée agricole de la Baie de Somme à Abbeville, accompagnés de Landry MANDUKU, membre référent de l’UDA.

 

Babacar DIOP, le conservateur de la Réserve Naturelle de Popenguine (RNP), dresse un exposé aux élèves. 

 


Le vent de la côte ouest est bénéfique.

 


Les falaises de Popenguine font partie du paysage.

 


Les blockhaus sur les bords de plage témoignent de la colonisation française.


Malgré le vent, la sécheresse est néanmoins présente à l'intérieur des terres.


Ce lac artificiel un peu à l’écart des villages a été aménagé pour permettre le maintien de la faune sauvage.


Trop près des habitations, comme ici, le lac est déserté car les animaux sauvages n’osent pas venir se désaltérer.
 


Babacar DIOP (à droite) porte l’uniforme car en tant que conservateur de la Réserve Naturelle sa fonction est paramilitaire.



 

Départ en 4X4 depuis la base de campement aménagée spécialement pour l’accueil des touristes. À l’arrière-plan, les murs des maisons en torchis bâtis par le regroupement des femmes abritent de véritables nids douillets. 


La nourriture se prend traditionnellement avec les doigts dans un même plat pour plusieurs personnes et à même le sol.
 

La bière locale peut également faire partie du menu pour les plus sages…



Ce puits rudimentaire est la seule source d’eau potable pour tout le village de Thiafoura.
 

Il a été installé en 1960 par le programme des nations unies pour le développement.
 

... sa dernière rénovation date de 2007.




L’élément le plus moderne est l'ajout d'une poulie permettant de remonter des volumes d’eau plus importants à moindre effort.

Exemple d’ouvrage d’un château d’eau avec système de pompe éolienne.


Il a coûté environ 60 000 euros et a été financé par LVIA, l’ONG italienne qui travaille depuis environ 30 ans au Sénégal.
 


L'accès au robinet facilite le remplissage de l'eau.

 

Les canaris à eau permettent une bonne conservation.
 


Avec la présidente du regroupement local des femmes de Thiafoura.


À certains endroits, les puits sont recouverts afin d'obtenir une eau plus saine.
 


Les lycéens picards les plus costaux tentent non sans difficulté de transporter les bassines d'eau de 50 litres.


 


Ce sont normalement les femmes et les enfants qui portent ces lourds récipients sans en faire tomber une goutte !

 

 

Réunion avec le regroupement local de femmes...



 


...Et avec la participation de Woulimata THIAO, présidente du Regroupement des Femmes de Popenguine pour la protection de la Nature.

 

Poignée de main avec le chef du village de Sorokhassap.

 

 


Poignée de main avec le chef du village de Thiafoura.

 

 

Le président de la LVIA, Giovani ARMANDO ; la représentante du lycée agricole de la Baie de Somme, Évelyne PLÉE ; Babacar DIOP avec un représentant de la RNP et Landry MANDUKU, référent UDA.

 


Au village de Sorokhassap.

 

 

 

 


Un jardin maraîcher.




Réunion d’information au Conseil régional
de Thiès.

Crédit photo : UDA